Attentats: Le rôle du web dans le dispositif médiatique

copie écran de l'application "mise en sécurité" de Facebook
copie écran de l’application « mise en sécurité » de Facebook

La nuit du 13 novembre 2015 a été le théâtre de l’un des épisodes les plus violents et sanglants de notre histoire contemporaine.
Nous avons tous été touchés par ces atrocités dont nous ne mesurons probablement pas encore toutes les conséquences, si tant est que nous savons que les images que nous avons vu nous hanteront pendant longtemps.

Nous avons été particulièrement abreuvés en information, via la télévision bien sûr, mais aussi et surtout via le web qui a joué un rôle essentiel dans le dispositif médiatique.

Les chaines de télévision de plus en plus en retard sur l’information.

On peut d’ores et déjà effectuer plusieurs constats :

En premier lieu, force est de constater que le web est plus que jamais un lanceur d’alerte. Tout un chacun est désormais informé très (trop ?) rapidement de toute l’actualité. On le doit, entre autres, à la création des applications mobiles pour Smartphones qui délivrent, via des messages push, l’information en temps réel.

Les chaines de télévision peinent à rattraper la distance qui les sépare de la réactivité des sites web d’information, y compris les chaines d’information spécialisées comme BFM TV. En effet, les 20minutes.fr, Metro.fr et autres Leparisien.fr sont passés maître dans l’art de l’information exclusive.

Il faut leur reconnaître une prestance que les chaines de télévision leur envie :Sur le web, la prise de parole est immédiate, ce qui est bien moins évident à la télévision.
L’autre avantage est que les sites web d’information ne sont pas soumis au même devoir de réserve que les chaînes de télévision, ce qui leur confère un avantage indéniable en terme de liberté d’action.
Et en dernier lieu, contrairement à BFM TV et LCI qui, lors d’évènements comme ceux qui nous ont préoccupé ce week end, doivent « occuper » l’antenne aux risques de se montrer particulièrement répétitifs, les sites d’informations s’affranchissent de cette contrainte : La prise de parole est conditionnée par l’opportunité d’une information. Ainsi, l’internaute est parfaitement informé et peut vaquer à d’autres occupations, alors que le téléspectateur doit rester, captif, dans le giron de son téléviseur.

Rumeurs et réseaux sociaux

Pour autant, on est en droit de se demander si la course à l’information à laquelle se livrent les sites d’information ne se fait pas au détriment de la vérification des sources. : Les contenus publiés le sont parfois sur la source du feedback des internautes qui sont encouragés à adresser aux rédactions des messages et photos d’alerte. Mais la fiabilité de ce canal est très instable.

La question mérite d’autant plus d’être posée que des médias tels que Forbes ou Le Parisien ont commis leur forfait en retransmettant des informations erronées.

Le monde a publié un article particulièrement édifiant à ce sujet qui liste toutes les rumeurs infondées qui ont émergé ces derniers jours.
Le fait est que les réseaux sociaux jouent un rôle non négligeable dans le relais de l’information, quelle qu’en soit la nature. La caisse de résonnance qu’ils produisent créée une confusion dans la mesure où il est particulièrement ardu de faire la part des choses entre vraie et fausse communication.

Facebook au cœur du dispositif médiatique

Par leur nature même, Le contenu publié sur Facebook et ses pairs faussent le jeu de l’information et n’est pas à considérer comme parole d’évangile. Hormis les mass media reconnus disposant d’un compte et qui s’appliquent une charte qualité, de nombreux utilisateurs n’ont d’autres desseins que de « faire le buzz » et diffuser des « scoops » douteux qui viennent parasiter l’information vérifiée et/ou décente. En témoigne encore récemment la circulation sur Facebook d’une photo prise à l’intérieur du Bataclan, qui sous couvert de révéler la barbarie des terroristes, n’en est pas moins un acte de voyeurisme malsain, voire condamnable.

Pour autant, la société Facebook s’est particulièrement illustrée lors des évènements du 13 novembre.

L’usage de l’outil déclaratif de mise en sécurité proposé par le réseau social s’est propagé comme une trainée de poudre et ce sont plus de 5,4 millions d’utilisateurs qui ont cliqué sur le bouton.
Et contrairement à janvier 2015 où le message « Je suis Charlie » créé par le graphiste Joaquim Roncin est rapidement devenu le symbole graphique mondial de soutien (tout le monde se souvient du « Yé soui Charlie » de George), c’est Facebook qui s’est récemment imposé à ce jeu en proposant de teinter sa photo de profil aux couleurs du drapeau français. Le symbole est fort puisqu’il s’inscrit parfaitement dans l’esprit d’unité républicaine que rappelle notre drapeau.

A l’évidence, nous avons franchi un cap dans la barbarie, mais également dans le rôle que joue le web. Et bien que nous ne puissions prédire quel avenir nous est réservé, il est désormais certain que le web sera le premier à nous le faire découvrir.

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